"Le succès du Bourgeon est celui des agricultrices et des agriculteurs"
mai 06, 2020Vingt ans de burgers bio devant l’hôtel de ville de Zofingue
mai 31, 2019
Les bœufs Angus qui vivent sur les hauteurs en dessus d’Ofrtringen AG viennent justement de recevoir une portion supplémentaire de pâturage avec de la bonne herbe fraîche et ils ne se laissent distraire par rien. Ils font partie de la ferme bio cultivée par Dieter Scheibler, entre autres responsable du Groupe spécialisé Légumes de Bio Suisse et délégué de l’organisation membre Bio Aargau, sa femme Carole et l’employé Beat, son frère. La ferme comprend une quarantaine d’hectares de surface agricole utile, le même nombre de vaches mères et quelques chevaux en pension. S’y rajoute la production de légumes pour l’industrie, surtout des pois, des haricots et des épinards, plus de l’épeautre et du blé.
Un assortiment qui va du bœuf Angus à la pâte dentifrice
Les produits des Scheibler sont vendus dans la restauration et le commerce de détail, sans oublier bien sûr le magasin de la ferme. «Nous proposons un assortiment complet – du bœuf Angus à la pâte dentifrice», explique Dieter Scheibler en riant. «Nous achetons pour cela quelque deux cents articles.» Le magasin fermier, qui bénéficie de puis déjà vingt ans d’une renommée en constante augmentation, est une branche importante pour la ferme. La présence annuelle au Bio Marché de la ville voisine, Zofingue, est aussi une publicité pour la vente à la ferme, car ceux qui découvrent ses burgers au début de la saison des grillades peuvent avoir plus tard l’idée d’aller acheter des produits au magasin fermier d’Oftringen.«Au Bio Marché, notre produit principal est le burger bio, dont la viande vient à cent pourcents de bovins Angus Bio», explique Dieter Scheibler. Il exploite avec sa famille le stand de grillades et le «Chaoten-Strassenbeiz» devant l’hôtel de ville de Zofingue – déjà pour la vingtième fois depuis le premier Bio Marché en 2000. La première édition du Bio Marché de Zofingue avait été organisée comme exposition pour le congrès mondial de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique IFOAM et avait d’emblée attiré 30'000 visiteurs – le stand de Scheibler n’avait vite plus rien eu à vendre. Les organisateurs comptent pour cette année sur quelque 40'000 personnes, et les quantités nécessaires de burgers et de saucisses sont en général maîtrisées.
Une équipe bien rodée
La présentation de Scheibler au Bio Marché n’est pas seulement une publicité mais aussi un point fort annuel pour toute la famille. Au début il avait l’aide de frères et sœurs et d’employés supplémentaires, puis au fil des ans ils ont été remplacés par ses cinq enfants, qui ont maintenant entre 16 et 26 ans, et par des neveux et des nièces. «Nos enfants et leurs cousins et cousines veulent à tout prix travailler chaque année à notre stand de grillades, et cela du vendredi matin au dimanche soir», raconte Dieter Scheibler. «Le Bio Marché est donc pour nous aussi une réunion de famille. Et chacun a un job bien attribué.»
Le fils aîné est responsable de la confection des hamburgers, l’avant-dernier rôtissage, le puîné s’occupe un peu de tout et notamment des saucisses à rôtir, et le plus jeune s’occupe des frites et la sœur de la caisse. Et les parents? «Je suis responsable de la communication et de la bière pression, mais aussi de couper la salade, et ma femme s’occupe du nettoyage, des transports et aussi de la caisse», répond Dieter Scheibler. Et: «Nous devons être rapides, sinon nous ne pourrions pas vendre autant que ce quenous vendons!» Il a aussi pu compter sur le bon travail d’équipe dans la famille lorsqu’il s’était fracturé le calcanéum lors du montage du stand en 2010 et qu’il avait dû supporter un long arrêt de travail.

Les produits d’un réseau bio
Le stand tenu par les Scheibler au Bio Marché vend en plus des produits de la ferme comme la viande de bœuf Angus, mais aussi des produits de plusieurs fournisseurs bio. Le pain est fourni par la boulangerie bio Eigenbrötler de Wauwil LU, les burgers végétariens à base de légumes et de tofu sont commandés à Bio Partner, le thé froid à Biotta et la bière au Schlatthof in Wolfwil SO. Et on peut se procurer du vin au stand voisin chez Bruno Stadler de la ferme Kasteln d’Oberflachs AG.Les Scheibler achètent les porcs pour les saucisses chez Walter et Romana Zumbühl de la Brunnmatthof à Altbüron LU et ils les font bouchoyer par un boucher privé de Dagmersellen LU, qui s’occupe aussi de transformer la viande en burgers de viande bœuf Angus et en saucisses à rôtir de porc.

Le Bio Marché est une plateforme pour les producteurs de la région
Il y a des burgers et des saucisses au stand des Scheibler au Bio Marché depuis déjà vingt ans – s’y sont rajoutés comme nouveautés par exemple le burger végétarien ou le cheese-burger. Selon Dieter Scheibler, il y a aussi comme nouveauté le stand partenaire de SV où l’on pare des côtes de bœufs de la ferme bio. Le Bio Marché se montre lui aussi novateur: il y a pour ses vingt ans une rue paysanne où les paysannes et paysans bio présentent une large palette de produits ainsi que l’agriculture biologique suisse elle-même.«La présence de paysans de la région est essentielle pour le Bio Marché», explique à ce sujet Dieter Scheibler. «Le festival bio rapproche les consommatrices et les consommateurs des productrices et des producteurs. Cette relation est très importante», assène-t-il avec conviction. Car «Chaque marché bio est aussi un endroit où les questions peuvent recevoir des réponses, par exemple au sujet de la production économe en ressources et des possibilités d’actions individuelles responsables pour respecter l’environnement», poursuit-il.
Pour ses vingt ans, le Bio Marché offrira aux visiteurs dans le cadre du projet participatif de la SSR «Mission B – Pour davantage de biodiversité» 5'000 emballages de graines «Mélange Nectar Plus» de la société Zollinger Bio pour une surface de 1,5 mètre carré chacun. Ceux qui sèment ce mélange peuvent être mentionnés sur le site internet de Mission B.
La vingtième édition du Bio Marché se déroulera à Zofingue du 21 au 23 juin 2019.
La vingtième édition du Bio Marché se déroulera à Zofingue du 21 au 23 juin 2019.
Liens utiles:
- Bio Marché www.biomarche.ch
- Ferme Bio Scheibler www.biohof-scheibler.ch
- Mission B www.missionb.ch
Photos: Ania Biasio / màd
Le Marché Bio de Saignelégier a des ailes
septembre 11, 2018
La 31ème édition du marché de Saignelégier est placée sous le signe des oiseaux et de la biodiversité. Rencontre avec sa présidente Lina Dubied.
Foire Bio-Agri et Bio-Vino : « Venez à la rencontre de ceux qui vous nourrissent et partagez avec eux »
mai 07, 2018
La consommation bio progresse dans toute la Suisse
avril 12, 2018
Le chiffre d’affaires des denrées alimentaires biologiques a atteint un nouveau record en Suisse: Il a progressé de 8,1 pourcents pour atteindre 2,7 milliards de francs. Cela signifie que les habitant-e-s de notre pays sont les champions du monde en consommant chacun 320 francs de produits bio par année! Les parts de marché des denrées alimentaires bio ont aussi atteint un record suisse avec 9 pourcents en 2017. Jürg Schenkel, le responsable du marketing de Bio Suisse, explique dans le rapport annuel 2017 les plus récentes évolutions du marché en s’appuyant sur les toutes dernières statistiques.
Est-ce que la croissance des parts de marché présente des différences régionales?
Les parts de marché ont fortement progressé dans toutes les régions du pays. C’est la Suisse romande qui caracole en tête avec un 0,8 pourcent de croissance qui lui fait atteindre 8,8 pourcents en la rapprochant de plus en plus de la Suisse allemande et de ses 9,1 pourcents. Avec une progression de 0,6 pourcent, le Tessin atteint 7,8 pourcents – une croissance très réjouissante.Quelles catégories de produits mènent la course?
Les chiffres d’affaires et les parts de marché ont progressé pour toutes les catégories de produits. La plus grosse part de marché est comme ces années précédentes celle des œufs avec presque 27 pourcents. Les légumes restent à la deuxième place avec 23 pourcents, et la troisième marche du podium revient au pain frais avec 22 pourcents. Les plus gros générateurs de chiffre d’affaires du marché bio restent les produits laitiers et le fromage, puis viennent les légumes, les salades et les pommes de terre, suivis en troisième position par la viande et le poisson. Ces bons résultats montrent que les produits bio sont toujours plus appréciés et qu’ils ont encore un grand potentiel de développement.Quelle est l’importance des produits biologiques transformés?
Le segment le plus important reste celui des produits frais, mais les produits transformés progressent plus fortement que la moyenne depuis cinq ans. Alors que le chiffre d’affaires des produits frais a progressé de 5,7 pourcents, celui des biens de consommations préemballés a augmenté de 8,2 pourcents par rapport à l’année précédente. Une partie de cette croissance est due à l’engouement pour les produits de convenience.Comment peut-on satisfaire les besoins toujours nouveaux des consommateurs?
Le nombre de transformateurs augmente sans cesse et le développement de nouveaux produits fonctionne plein gaz. Le nombre de preneurs de licences a ainsi atteint 923 en 2017 (885 en 2016). Le nombre de demandes pour des nouveaux produits a progressé à 2186 (1701 en 2016), et de nouveaux acteurs commerciaux comme le commerce de gros ou en ligne jouent un rôle toujours plus important pour le marché bio.Vous trouverez de plus amples informations dans notre Rapport annuel 2017 et dans le document «Le bio en chiffres 2017».
Vous trouverez de plus amples informations
dans notre Rapport annuel 2017 sur https://rapport.biosuisse.ch
et sur notre site web à la page «Le bio en chiffres»
dans notre Rapport annuel 2017 sur https://rapport.biosuisse.ch
et sur notre site web à la page «Le bio en chiffres»
Le Président de Bio Grischun: «Chez nous, le bio sera la norme d’ici dix à quinze ans»
avril 11, 2018
Claudio Gregori préside Bio Grischun depuis février 2007, et il peut se réjouir que, depuis son entrée en fonction, il y a maintenant officiellement plus de soixante pourcents des entreprises agricoles grisonnes qui produisent en bio. Il explique en interview quels facteurs font des Grisons un «canton bio» et à quoi doit ressembler son avenir bio.
Claudio Gregori, que signifie pour vous le slogan «Le bio, près de vous.»?
Il y a toujours plus d’entreprises agricoles qui produisent en bio. Donc le bio se rapproche et nos trajets pour avoir des produits fermiers bio se raccourcissent. Et en même temps il y a toujours plus de produits bio dans toujours plus de magasins et de restaurants. Si on accorde de l’importance à la valeur des denrées alimentaires pour son propre corps et à une alimentation saine, alors il est évident de décider d’acheter des produits bio.Quels facteurs ont transformé les Grisons en canton bio avec plus de soixante pourcents de fermes bio?
Plusieurs facteurs ont mené à cette grande proportion de bio dans le canton des Grisons. Premièrement, de nombreux producteurs avaient dès le départ des contacts très étroits avec les consommatrices et les consommateurs grâce à la vente directe et au tourisme, ce qui leur a permis d’identifier leur envie d’avoir de plus en plus de produits naturels et régionaux et de réagir en se reconvertissant au bio. Deuxièmement, de nombreuses entreprises de transformation ont également reconnu très tôt cet engouement pour le bio. Lorsqu’une fromagerie importante n’accepte plus que du lait bio, ses producteurs suivent le mouvement. Et troisièmement nous avons par rapport à d’autres cantons une très forte proportion de fermes herbagères pour lesquelles la reconversion à l’agriculture biologique est moins difficile que par exemple pour des domaines de grandes cultures, de viticulture ou de maraîchage. Le mouvement bio des Grisons a donc engendré sa propre dynamique: Il y a de plus en plus de producteurs connus et en vue qui se reconvertissent au bio, ce qui à son tour en inspire d’autres à faire de même.Y aura-t-il encore suffisamment d’acheteurs si la vague de reconversions au Bio Bourgeon se poursuit?
L’évolution actuelle montre que toujours plus de personnes achètent des produits bio. Nous devons essayer de satisfaire cette demande, et en même temps nous sommes confrontés au défi de rester authentiques malgré la croissance et de ne pas édulcorer notre Cahier des charges au bénéfice de la croissance.Comment motiver d’autres paysannes et paysans à se reconvertir au Bio Bourgeon?
Bio Grischun renonce consciemment à un pronostic de croissance. Notre but premier est de renforcer la conscience des nouveaux producteurs pour les influences positives de l’agriculture biologique afin qu’ils émettent à leur tour des signaux positifs dans ce sens. Nous aimerions qu’ils ne vivent pas le bio comme une méthode de production limitée par un Cahier des charges mais qu’ils apprécient ses avantages pour le sol, l’environnement et les animaux. Nous communiquons avec des arguments concluants à la fois proches de la pratique et de l’économie. Nous aimerions montrer que l’agriculture biologique est tout à fait praticable.La proportion de bio dépasse huitante pourcents dans le Val Poschiavo. Pensez-vous qu’il soit un jour possible que l’agriculture des Grisons soit cent pourcents bio?
Je ne trouve pas que cent pourcents soit un chiffre à faire valoir. Car si on découvre des problèmes ne serait-ce que dans une seule ferme, adieu les cent pourcents! L’agriculture biologique deviendra néanmoins d’ici dix ou quinze ans la norme agronomique dans la Grisons avec une proportion entre septante et nonante pourcents. Ça, c’est absolument réaliste et nous nous dirigeons déjà bel bien dans cette direction.Comment le tourisme et la restauration complètent encore ce vaste assortiment bio?
La collaboration avec la restauration et le tourisme est un des axes de travail important pour les prochaines années. Je pense qu’il y a là encore beaucoup de potentiel. À part la haute gastronomie, qui a reconnu très tôt l’importance du bio et de la production régionale, l’écoulement dans le reste des canaux de la restauration est encore difficile. D’un côté il me semble que de nombreux restaurateurs n’ont pas encore remarquéepeur leurs clients aimeraient des produits bio de la région, et de l’autre la disponibilité des produits et les quantités nécessaire peuvent être des obstacles sérieux pour eux. Bio Grischun aimerait favoriser les contacts entre les restaurants et les producteurs et créer une plateforme qui permettrait aux cuisiniers de s’informer sur la disponibilité des produits dans le canton. Je vois une autre option au niveau politique, où nous aimerions lancer un processus pour que les hôpitaux, les cantines d’écoles et les EMS utilisent davantage de produits bio venant de la région. Je crois que le bio doit être une évidence pour les institutions qui ont un mandat dans le domaine de la santé.Daniel Bärtschi, Directeur de Bio Suisse, à propos de l'évolution du marché bio en 2016
avril 04, 2017



